URBEX : le collège du Vin de l’Ange

Un frais matin de décembre 2013 . . .

Après quelques jours de recherche sur internet, je trouve enfin le collège du Vin de l’Ange (ancien collège Paul Langevin à Mérignac). Établissement scolaire construit dans les années 70 il sera fermé en juillet 2010 pour des raisons de sécurité et d’effectifs. L’avis de démolition est fixé au 7 janvier 2014. Roux et moi décidons d’y aller faire un tour…

Il est 10h du matin lorsque nous arrivons sur les lieux. La rue est déserte et le vent glacial. Les appareils photo cachés dans nos sacs nous essayons d’entrer dans la cour du collège le plus discrètement possible pour ne pas attirer l’œil des voisins.  À peine entrés, nous subissons un choc : la destruction a déjà commencé. Les bâtiments sont partiellement voir complètement démontés, prêt à être concassés en gravats. Des pancartes « Avis de désamiantage » nous accueillent sur la porte d’entrée et les murs restés debout. Charmant. Nous attaquons par le bâtiment le plus excentré, celui dont l’aile nord est dépourvue de murs. Rien à voir.

En ressortant nous remarquons que les bennes de démolition ont fait leur nid dans l’ancienne cour, rendant la pelouse boueuse et sale. Il n’y a vraiment plus rien à voir hormis des débris de verre et des squelettes de béton éventrés.

Des bruits violents attirent notre attention. Ils proviennent du bâtiment le mieux conservé, juste derrière nous. Prudemment et en silence, nous poursuivons notre expédition. Un peu plus tard, nous trouvons les bureaux de l’administration : lino kitsch et moquette murale. Nous ne doutons pas des bons moments qu’ont pu passer les écoliers et les administratifs dans ces lieux (joke). Malheureusement, ils sont vides. Les bureaux, et même les néons, ont disparus. Nous sommes arrivés trop tard.

Nous montons discrètement au premier étage, slalomant dans les débris et les gravats qui jonchent l’escalier principal. Là-haut, nous remarquons qu’une seule fenêtre est encore en état et c’est donc le vent, violant et tumultueux, qui s’engouffre et fait claquer les portes. D’où les bruits entendus précédemment. Nous entrons dans les salles de classe, une par une, rien que du vide. Il ne reste même pas une chaise, un bureau, ou un tableau. Beaucoup de détritus et de graffitis, mais aucune trace du passé de ce bâtiment.

Au rez-de-chaussée, un seul couloir est encore à peu près en état. Il mène vers un petit patio qui attire beaucoup mon attention. L’endroit devait être charmant autrefois, avec son petit bassin et sa verdure. Je peux fermer les yeux et imaginer des petits couples d’amoureux s’y bécotant en cachette avant de se faire chasser par les surveillants acariâtres. Dommage qu’il n’y reste pas de preuves de leur passage…

Direction la cour de récréation, le vieux terrain de basket fait de la peine, fissuré et recouvert de mousses. Le second bâtiment, plus important que son comparse, n’a carrément plus de toiture et plus de murs. Seules restent debout les armatures en métal, lui donnant un air étrange d’araignée géante. L’exploration va tourner court, et nous le sentons bien.

La pluie ruisselle partout et le sol est garnit d’eau. Glissant. Il ne nous semble pas très prudent de tenter l’ascension pour voir ce qu’il reste du premier étage… Nous nous contenterons donc du RDC, de ses salles de classes aux allures fantomatiques à son couloir vert recouvert de graphs en tout genre. Là, debout en plein milieu, j’imagine des dizaines d’adolescents se bousculant ou arpentant l’espace. Tant de mines joyeuses ou dépitées d’aller en cours ou d’affronter sa vie d’ado. Bref, après une dizaine de minutes à prendre des photographies de gouttes d’eau et de gravats, nous nous rendons au réfectoire et à la bibliothèque. Et là, surprise ! Si l’ancien réfectoire est bien vide et dans un état de saleté catastrophique, la bibliothèque elle semble remplie de livres et l’on peut distinguer à travers les vitres du mobilier bien conservé. Problème. Celle-ci est inaccessible. Toutes les issues ont été barrées à double tour, les fenêtres renforcées de grilles et des chaînes épaisses ferment toutes les portes. Quelle déception ! La seule trouvaille que nous aurions pu faire nous file entre les doigts. Nous réfléchissons, cherchons, mais pas moyen. Cette bibliothèque ne nous délivrera jamais ses secrets.

En repartant, le cœur amer, nous entrons dans un tout petit bâtiment, à moitié caché par la grande haie de résineux. Surement le bureau du concierge, transformé en squat. Dernier déclic et nous partons. Déçus et frustré, on se jura qu’à l’avenir il faudra être plus rapide à trouver les lieux.

Dans la voiture, il nous est impossible de rester sur cet échec. Après vérification sur un smartphone, nos regards se croisent : oui nous allons explorer aujourd’hui. Et c’est ce que nous avons fait !

(Lire la suite de l’aventure)

Les photos de l’exploration . . .

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :