URBEX : La Manufacture des Brunes

Décembre 2013 . . .

Nous revoilà tous les deux, mon compère Roux et moi, sur la piste d’un nouveau lieu à explorer. Après la visite du collège du Vin de l’Ange le matin, qui nous avait plutôt déçu, nous avions décidé sur un coup de tête de tailler la route. Le bâtiment, colossal, nous est apparu comme une évidence lorsque nous scrutions Google Maps.

14h : Nous voici sur les lieux. Effectivement, c’est une sacrée bâtisse ! Trois corps de bâtiments, deux cours intérieures, une immense cheminée et même une sorte de fronton avec un clocher. On sent bien la manufacture art-déco qui devait jadis, rythmer la vie de tout le village. Aujourd’hui à l’abandon, celle-ci donne l’impression d’un paquebot échoué dans un port de mouillage désert.

Nous décidons de faire le tour complet de l’immense bâtiment, et nous passons notamment devant une gendarmerie disons… »porte en face ». Nous recensons quatre entrées. Deux sont inaccessibles, la troisième est trop à vue des passants. Nous rentrons donc par la quatrième, après quelques jeux de mains avec le cadenas (qui n’était en réalité absolument pas fermé).

À l’intérieur. Nous prenons bien soin de bloquer la « porte d’entrée » entre-baillée avec une pierre afin d’éviter de se retrouver enfermés dans l’énorme usine. L’endroit est bien entendu vide et plongé dans une obscurité relative. Il y règne une ambiance de plomb. Excepté quelques extincteurs éparpillés par terre et une armoire électrique dans une petite pièce attenante, le rez-de-chaussé est désert. Pas un meuble, pas une trace de l’éventuelle activité autrefois présente. Nous explorons à tâtons les recoins, en vain.

L’endroit devient de plus en plus intéressant, la cour abrite en son milieu l’immense cheminé de pierre et son four.  Celui-ci est scellé par une lourde porte en fer forgé. Magnifique. Nous continuons et nous nous retrouvons dans une succession de couloir dont chacun semble arborer une couleur qui lui est propre : bleu, rouge, rose, orange, vert, tout y est ! Les énormes portes vitrées en bois sont également impressionnantes et nous donnent l’impression d’avoir remonté le temps. Roux s’arrête pour photographier une horloge. Le temps se fige. Je l’immortalise.

En déambulant dans les immenses couloirs, en visitant chaque petite salle du premier étage, nous constatons qu’il y a des cibles mannequins en carton un peu partout et des billes en plastique. Les cibles représentent des hommes cagoulés à la mode barbouze et nous en déduisons que nous avons à faire au terrain de jeu de fanas d’Airsoft ou bien à celui qui sert à entrainer les gendarmes (basés juste à côté)…ou les deux !

Les hangars du deuxième étage sont immenses et magiques. Ces repaires de pigeons, par centaines, ne nous offrirons malheureusement que du vide et de la fiente. Même si l’architecture reste très intéressante, l’absence de machines est un peu décevante.

Je photographie l’issue de secours, au bout de son couloir de colonnes. La porte est ouverte sur l’extérieur.

Nous continuons nos pérégrinations le long des grands couloirs et nous trouvons enfin les entrepôts de séchage du tabac, certains présentent encore les étendoirs portant les étiquettes nominatives des différentes variétés. Avant de monter au troisième étage où se trouvent les archives (le must du must), nous décidons de descendre dans la deuxième cour. Nous y trouvons une vieille voie ferrée, qui devait servir à l’acheminement du tabac depuis la gare du village. Mais il ne reste rien d’autre. Les bureaux sont vides, les appartements aussi. Mais, surprise ! Si jusqu’à présent nous n’avions trouvé aucune trace de visite (pas de déchets, pas de graffitis, pas d’objets brisés) les appartements, eux, ont été squattés. Certains bureaux de la section « direction » également.

Nous visitons le deuxième étage du second corps de bâtiment, jouant à cache cache dans les entrepôts et les anciens vestiaires. Lors que soudain…BAM ! Un claquement retenti comme un coup de carabine et nous fait sursauter. Nous pressons le pas en restant le plus discret possible sur ce sol qui craque. Nous retournons dans le grand hangar où se trouve l’escalier que nous avions emprunté au départ pour atteindre les étages. Je remarque que la porte de l’issue de secours est fermée. Nous ne sommes sûrement plus seuls. Qu’il s’agisse des gendarmes ou de squatteurs nous ne tenons pas à faire de rencontres et nous partons donc, rejoindre notre véhicule en prenant bien soin de remettre les issues telles qu’elles étaient lors de notre arrivée.

C’est avec le cœur palpitant et un goût amère que nous démarrons la voiture, et je regarde s’éloigner dans le rétroviseur les fenêtres donnant sur le troisième étage. Les archives. Que malheureusement nous n’aurons pas eu le temps de visiter.

Nous reviendrons !

Les photos de l’exploration . . .

One Comment

  1. Clara Casarca

    Une belle plume qui sait tourner de belles phrase, des belles phrases qui ont comme ponctuation de bien belles images. J’admire ton travail!

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