LOG #2 : Retour aux fondamentaux

Flash back d’environ 8 ans . . .

À 18 ans je quittais le nid et allais découvrir la vie étudiante dans la charmante (ou pas…) ville de Limoges. C’est là bas que tout à vraiment commencé. À l’époque la photographie faisait déjà partie de ma vie depuis l’enfance, mais il ne m’avait jamais été donné de m’exprimer artistiquement avec cet outil et surtout je n’avais jamais réellement fait de processing d’images de près ou de loin.

Lors de mes années Limougeaudes, le club photographie de la SNCF m’a ouvert ses portes dans l’ancienne gare de fret, et c’est à ce moment là que j’ai appris, auprès des anciens, les miracles de la chimie et du traitement argentique. La sensation nouvelle de développer soi-même ses pellicules plutôt que de les amener au magasin n’a fait faire à mon cœur qu’un tour : la passion était née.

Retour dans le présent . . .

Aujourd’hui l’eau a coulé sur les ponts, et j’ai comme beaucoup de monde, sombré dans le monde 2.0. En 2012 j’ai eu mon premier réflex numérique et je me suis mis à faire de plus en plus de photos. À déclencher à tout-va. À ne plus prendre le temps. Mais je me suis aussi amélioré en apprenant de mes erreurs et j’ai commencé à comprendre le post-traitement et son utilité. Pendant une huitaine d’années je n’ai pas pu trouver le courage et le lieu adéquat pour me remettre à la photographie argentique. Absorbée par ma vie étudiante, par mes cours, mes partiels, j’avais fini par délaissé la photographie. Et puis tout à changé. Cette année, j’ai terminé mes études et  je suis devenue responsable d’un atelier photo à l’université. Une chance. Les étudiants, les échanges, les expériences, mais aussi le laboratoire : tout cela m’a redonné l’envie et le courage…et notamment de faire de la photo à l’ancienne. De revoir les fondamentaux, de réapprendre les bases, après ces huit ans passés loin des cuves et des agrandisseurs.

Après une remise en état plutôt drastique l’endroit et redevenu propice au travail de photographie argentique. C’est ainsi que chaque semaine, armée de mes deux fidèles alliés, je sillonne la ville en quête d’images de tout et de n’importe quoi. Puis que je passe des après-midi entières à révéler sur le papier les mystères de la pellicule 135mm. La passion est revenue.

Détails techniques : qu’est-ce que j’utilise ?

(les non-geeks peuvent passer cette section et accéder directement à la galerie d’image :D)

Pour réaliser mes photographies argentiques en noir et blanc j’utilise deux réflex Canon des années 70-80. Le premier que j’ai eu, offert par mon grand-père lors de mes 18 ans, est un Canon AV-1, appareil photo réflex à priorité ouverture sorti en 1979. Extrêmement facile à régler il était jusqu’à maintenant mon appareil de prédilection pour la photographie de rue argentique. De plus l’optique que j’utilise préférentiellement est un FD 50mm f/1.8 S.C. v2* de chez Canon (1976) qui est parfait pour la photo de rue de par son angle de champs et sa discrétion.

Depuis peu j’utilise également un réflex Canon A-1, sorti en 1978 (paradoxalement) qui est un réflex complet à savoir possibilité de gérer la priorité à l’ouverture et la priorité à la vitesse directement sur le boitier grâce à un levier switch. Il est aussi le premier réflex a disposer d’un mode “program” donc ce qui correspond aujourd’hui a un mode “automatique intelligent” avec la possibilité de modifier les couples ouverture/vitesse calculés par le boitier. Esthétiquement c’est un véritable bijou. D’autres connaîtront plus le AE-1 (qui est en fait le fiston du A-1) qui a été plus largement vendu au grand public et qui est réputé pour son look rétro très à la mode depuis quelques années. Le A-1 était, à l’époque, une machine réservée aux professionnels, et plus particulièrement aux journalistes sportifs (d’où l’importance d’un mode priorité à la vitesse!). Cet appareil est très performant en terme de vitesse de calcul (comparé au AV-1) et présente une cellule très claire qui me permet de savoir si ma photo sera correcte ou non (contrairement au AV-1, où c’est un peu au petit bonheur la chance). Il est aussi beaucoup plus discret de par sa couleur noire. Je l’utilise principalement avec le 50mm, mais aussi parfois avec un objectif zoom Canon FD 35-70mm f/3.5-4.5 (il s’apparente aujourd’hui à un 18-55mm basique ou de kit sur n’importe quel réflex APS-C). Une focale intéressante et polyvalente en street photographie pour avoir des champs plus larges et une possibilité de zoomer pour isoler des détails.

En terme de film 135mm, j’utilise majoritairement les Ilford HP5+ 400 ISO puisqu’ils permettent d’avoir un grain caractéristique très intéressant sur les images. Ils sont également plus contrastés que leurs grands-frères les Delta 400 et 3200 professionnels. J’utilise également la 400 TX (appelée aussi Tri-X) de chez Kodak pour des rendus plus “suaves” plus orienté pour le portrait. Quoi que légèrement froid sur le papier que j’utilise, la Tri-X Kodak reste un choix très intéressant pour sa douceur. Je le conseille aux débutants (en plus c’est un film facile à développer, en tout cas, plus rapide que l’Ilford).  Pour la couleur (occasionnellement, car je ne développe que le noir et blanc et suis donc obligée de faire faire mes développement couleur par un professionnel) mon choix se tourne plutôt vers Fujifilm avec la Superia 400 pour un rendu des couleurs vives et avec cette variation bleue-verte dans les tons sombres. Un régal.

Pour le papier, j’utilise principalement du papier RC perlé de chez Ilford, en 13×18 et en 24×30. Ce sont pour moi deux formats essentiels : le 13×18 pour la lecture et le 24×30 pour l’exposition ou la vente.

Pour les planches contact des négatifs j’utilise un papier Fomatone RC Brillant afin d’avoir le rendu le plus moyen pour pouvoir anticiper les réglages à faire a posteriori.

Dans les clichés (scannés) qui illustrent cet article vous pourrez observer un rendu différent au niveau du grain sur certaines images. Ceci est dû à l’utilisation d’un papier baryté vieux comme Hérode : le AGFA Brovira. Excellent papier mais très instable de part son âge (le stock de papier utilisé pour ces photos a certainement 6 ou 7 ans…) Il produit un grain extrêmement fin même à fort contraste, et donne une teinte demi-chaude à la photo. Un aspect très vintage et très qualitatif. Dommage que ce papier n’existe plus à présent.

Si vous avez lu jusqu’ici, merci et bravo! Dès à présent, je vous laisse tranquille avec les détails techniques et vous présente une galerie sommaire de mes travaux en argentique. De nombreux clichés attendent encore de passer sous le scanner ! Bon visionnage.

 

 

*Plus de précisions sur le 50mm de 1976:  par ici !

Laisser un commentaire