LOG #1 : Une marche glaciale

Comme beaucoup de photographes urbains, j’aime marcher. Marcher et me perdre. Suivre les rues au gré du vent afin de dénicher la scène qui me fera déclencher. Au mois de décembre je me suis retrouvée exilée dans les profondeurs maussades de l’Yonne. Il y faisait froid, brumeux et gris. Là bas, inutile de chercher à faire de la photographie de rue ou bien de buildings vitrés comme je les aime tant. J’ai donc décidé de remonter mon col, de mettre mes chaussettes les plus épaisses et d’aller braver les températures négatives pour faire quelques photos de nature.

La photo de nature cela ne s’improvise pas vraiment. Généralement, les bons (vrais) photographes de nature auront tendance à faire des recherches sur les lieux qui leur permettront de mettre en boîte l’image dont ils rêvent depuis des semaines. Ils ont une patience à toute épreuve et une persévérance qui n’a d’égale que leur passion pour les paysages sauvages, les lumières sculptées, les reliefs chaotiques et autres grands espaces aussi merveilleux qu’oppressants. Je ne suis donc qu’aux balbutiements d’arriver à toucher leurs chevilles charnues, calleuses et aguerries. En somme, je suis un peu la touriste Instagram de la photo de nature.

Arrivée à la sortie du village je ne distingue que des prés, une forêt et surtout du brouillard. Il fait -6°C et mes doigts gèlent à travers les gants. Je continue à braver ces conditions ardues, pour une fille du sud comme moi, et m’engouffre dans la forêt par un chemin boueux et glissant de verglas.

La beauté est partout. J’ai soudain envie de déclencher à tout va, comme si mon reflex était devenu une kalachnikov à images. Feuilles recouvertes de givre, toiles d’araignées gelées (et je me demande d’ailleurs, où en sont passées d’ailleurs les architectes), arbres blanchis et brume épaisse. C’est un paysage surréaliste qui se présente à moi et c’est aussi, peut-être, pour cela que j’ai envie de vous le faire partager.

J’ai énormément déclenché lors de cette randonnée d’un peu plus de deux heures, dans des chemins pentus et abruptes, sans vraiment chercher à donner un axe à mes photos. Cela n’est que quelques semaines plus tard, et après une bonne dose de feu de cheminée et de thé brulant, que j’ai compris que ce qui m’avait autant bouleversé était les “textures” que donne le froid à la nature. Voici donc une sélection des images de ma rencontre avec la beauté hivernale, en espérant que vous sentirez la caresse mordante du vent glacial dans votre nuque en les regardant.

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